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Syndicat CGT             Danone Produits Frais France
Bulletin d’informations -   Spécial Accords d’Entreprise
 
                                                                                                Décembre 2011

Edito.
Ce bulletin d’information est l’occasion pour nous de souhaiter de bonnes fêtes de fin d’année à tous les salariés de l’Entreprise.
C’est aussi l’occasion de vous soumettre nos positions sur le sujet important des accords d’entreprise.
Cette année qui s’achève aura été marquée par des élections professionnelles qui ont propulsées notre syndicat vers des résultats historiques. Un vrai succès qui traduit une adhésion de plus en plus importante des salariés aux revendications que nous proposons et la détermination que nous mettons à les défendre. Grands remerciements à vous, et à la confiance accordée à nos élus. Soyez certains qu’elle est bien placée et que nous serons nous montrer à la hauteur !
Dans nos précédentes publications nous vous avions alerté sur la politique du Groupe Danone, qui favorise une vision financière de ses entreprises, au détriment d’investissements industriels et du traitement de ses salariés.
Le Mythe inventé par Antoine RIBOUD du pacte social a  volé en éclat depuis longtemps ! Mais avait-il vraiment existé ?
Danone est devenu d’abord une banque qui rémunère ses actionnaires ! Quant à l’outil industriel, le produit fabriqué, et les salariés, ils sont désormais  des instruments à fabriquer du cash ! Il en faut toujours d’avantage !!! Pourtant l’entreprise Danone PFF se porte plutôt pas mal, ainsi que le Groupe, si l’on en juge par les résultats rapportés par les experts. Les volumes de production sont en hausse. Les bénéfices sont biens présents. Les actionnaires se frottent
 
toujours les mains ! Et pour notre PDG, la crise est un évènement virtuel, puisqu’il vient de réaliser une plus value de 3.3 millions d’€uros sur ses stocks options – en plus du salaire faramineux qu’il s’octroie !!! (Source : Média part).
Evidemment que cette politique à des conséquences directes sur les salariés en matière de productivité, et donc de conditions de travail et d’emploi. La stratégie n’est plus basée sur des conquêtes industrielles, mais sur la manière d’en tirer toujours d’avantage des salariés. La guerre économique ne se mène plus à l’extérieur contre des concurrents, mais par élimination des salariés à l’intérieur de l’entreprise.
Ainsi, chaque proposition d’accord  présentée par la direction vise à réduire les effectifs et à rendre encore plus productifs ceux qui restent. Il s’en suit un nombre impressionnant d’accidents de travail et d’arrêts maladie. Souvent, lorsque les salariés retournent au travail, c’est avec un certificat  d’inaptitude aux postes qu’ils occupaient auparavant. Certains sites sont frappés par un taux de 8% de salariés en demande de reclassement par la Médecine du Travail !
Quand on pense que la direction a trouvé des syndicats pour signer un ‘’accord stress’’, on se demande dans quel monde vivent certaines personnes… 
 
Des négociations sont en cours. D’autres vont arriver. Elles auront des conséquences importantes sur la vie des salariés dans l’entreprise. Croyez que nous serons vigilants et que nous ne serons pas avares de propositions alternatives. Et s’il le faut nous ferons appel à vous, comme nous l’avons fait en mars 2010.

 
Les accords d’entreprises. Elément important de la vie des salariés.

Un élément du droit du travail adapté à l’Entreprise.
Ils constituent un élément du Droit du Travail. Ils sont en quelque sorte un contrat entre les organisations syndicales et la direction d’Entreprise ou d’Etablissement.
Sous l’autorité du Code du Travail, ils fixent les règles et les droits des salariés  de l’entreprise dans tous ce qui concerne la relation à son employeur et à son travail. Ils fixent également les règles du dialogue social et de la représentativité des élus et représentants syndicaux.
En aucun cas un accord d’entreprise ne peut se substituer au Code du Travail et aux accords de branches, de manière plus défavorable pour les salariés, pour les élus, et les représentants syndicaux.
Des droits acquis constamment remis en cause par l’employeur.
Ceci dit, le fonctionnement des entreprises s’est modifié en s’adaptant parfois au Code du Travail pour mieux  contourner et amoindrir les aspects les plus favorables aux salariés et les plus contraignants pour l’employeur.
Les droits du travail s’établissent selon un rapport de force entre l’employeur et les salariés.
Le Droit du Travail est constitué d’une série d’articles arrachés de haute lutte par les salariés, contre le patronat durant des périodes de mobilisations importantes. Mais la lutte demeure permanente et les employeurs revanchards tentent sans cesse de reprendre aux salariés ce qu’ils ont chèrement acquis.
Les droits du travail sont donc le résultat d’un rapport de force permanent entre les salariés et leurs employeurs.
Lorsque le rapport de force est favorable aux salariés, le droit s’inscrit à leur avantage. Lorsqu’il est défavorable, les acquis des salariés sont rognés et certains accords d’entreprise apparaissent dans le but d’entériner officiellement ces reculs sociaux.
 
Les accords de ‘’ façade’’.                                           

Ces accords sont de plus en plus fréquents.
Ils sont rédigés pour donner à l’entreprise une image acceptable vis-à-vis de l’opinion publique et pour camoufler au maximum l’ampleur des dégâts subis par les salariés en termes, d’emplois, de conditions de travail, et de salaires.
 Ils sont le plus souvent écrits par la direction (ou des cabinets d’experts, payés par elle). Ils visent à chercher l’approbation unanime des organisations syndicales. Une fois qu’un ou deux syndicats minoritaires et complaisants ont signé l’accord, la direction estime que le problème est réglé et qu’il n’y a plus lieu d’y revenir dessus. Elle peut même accentuer et aggraver toutes les conditions de travail jusqu’à la rupture des salariés, puisque ceux qui sont sensés les défendre ont officialisé un accord avec la direction stipulant que tout va bien !
Cela a été le cas par exemple pour les accords : ‘’Egalité hommes/femmes’’, ‘’Le stress au travail’’ (ces accords n’ont pas été signés par la CGT, pour les raisons invoquées ci-dessus)…  
 
Ils sont en train d’endormir trois syndicats pour les entraîner à la signature  d’un accord sur les classifications, et ils tentent de nous faire avaler un accord sur une prime de performance individuelle pour les salariés des bases logistiques…

                                                                                                                                                                          
 

L’accord ‘’stress au travail’’.
Il est issu d’une injonction du Ministère du Travail qui demandait aux entreprises de plus de mille salariés de signer un accord sur la question entre direction et les syndicats représentatifs. Il faut dire que le scandale venait d’éclater avec la Une des journaux français titrant sur les nombreux cas de dépressions nerveuses et de suicides de salariés dans les entreprises.
Il était désormais avéré que la demande exponentielle de productivité dans les entreprises avait une limite humaine : la santé physique et psychique des salariés !
Comme d’autres entreprises, Danone était directement mise en cause par ses organisations de travail désignées sous le vocable local de Damaway. Il s’agit en vérité de méthodes de travailproductivistes que l’on retrouve sous l’appellation de Lean Manufacturing dans toutes les entreprises où le scandale des suicides avait éclaté au plein jour.
L’enjeu était donc d’importance, puisqu’il s’agissait de légiférer en interne sur des conditions de travail en dégradation constante pour les salariés de Danone PFF.
Avec cet accord, l’occasion était bonne pour les syndicats de placer haut les exigences d’amélioration des conditions de travail, puisque un Gouvernement d’état en était le promoteur !
C’est pour cela que notre syndicat a rédigé et soumis aux débats des réunions paritaires une proposition d’accord complet sur le constat à date des conditions de travail chez Danone PFF et la manière d’en stopper les aspects les plus douloureux pour les salariés.
Mais la direction a refusé toute contrainte qui risquait de toucher à la sacrosainte productivité. Entre la santé de ses salariés et les organisations de travail productivistes, la direction a choisi sans ambiguïté. Mieux vaut pour elle esquinter hommes et femmes dans leur travail, plutôt que de faire perdre le moindre centime aux actionnaires !
Nos propositions visant à réguler certains aspects des organisations de travail pour éviter les accidents physiques et psychologiques, ont tous été rejetés !
Le problème c’est que deux organisations syndicales (CGC et CFDT) ont signé un accord passant à côté du sujet, et permettant ainsi à la direction de poursuivre la dégradation des conditions de travail,-  tout en s’exonérant de la moindre culpabilisation !
Il s’agit donc d’un accord signé par des organisations minoritaires. Nous en demandons la dénonciation et l’ouverture de véritables négociations sur les conditions de travail chez Danone PFF. Pour l’instant la direction utilise cet accord pour prétendre que tout va bien chez Danone ! Et, pendant ce temps-là, dans les bureaux, dans les ateliers, dans les véhicules de travail… les salariés souffrent toujours d’avantage !!!
 
Un futur accord sur les classifications.
Pour mieux faire passer ses propres textes d’accord, la direction a besoin d’intégrer à ses projets des organisations syndicales représentatives. Pour cela elle a inventé ‘’les groupes de travail’’. Ainsi, elle se transforme en maître d’école face à des représentants syndicaux ressemblant à des élèves dociles.
Bien sûr, dans ces groupes de travail on ne discute que des écrits de la direction. Ceux qui sont en face ne sont là que pour les modifier légèrement et surtout les approuver !
C’est ce qui se passe actuellement pour un projet d’accord sur les classifications.
Si la CGT se refuse à un tel exercice, par contre les trois autres organisations syndicales s’y adonnent allègrement ! Ils se baladent de sites en sites. Ils causent avec la direction sur des sujets qu’elle a soigneusement élaborée auparavant… De quoi discutent-ils ? Que nous préparent-ils ? On ne sait pas ! En tout cas il est question de l’avenir des salariés de notre entreprise et c’est la direction qui mène le bal ! Et lorsqu’on connait la stratégie productiviste de la direction, les salariés ont de quoi se faire du souci !
Nous pensons que le rôle des organisations syndicales ne consiste pas à accompagner les projets de la direction ! Nous devons être capables d’élaborer des projets alternatifs et favorables aux salariés – plutôt que de participer à des orientations qui ne cessent d’aggraver les conditions de travail des salariés.
S’il doit y avoir des groupes de travail, ils doivent s’organiser dans le cadre de l’unité syndicale, afin d’élaborer ensemble un contenu revendicatif commun visant à améliorer les conditions de travail. C’est pour cela, nous semble-t-il, que nous avons été élus par les salariés de l’entreprise.
Ce qui nous sépare irrémédiablement avec la direction sur ce sujet, c’est qu’il est question pour elle d’accentuer la pression sur les salariés en organisant les coefficients sur la base de performances individuelles. La CGT pense qu’une telle politique sera rapidement insupportable pour les salariés. Car la performance est une demande constante qui appelle les salariés à un continuel dépassement de soi dans l’exercice de leurs activités salariales. Une telle politique a déjà trouvé ses limites par le nombre constant des salariés épuisés et blessés que le Médecin du Travail demande de reclasser ! Faut-il en rajouter ??????
Notre vision des classifications est basée sur une reconnaissance rationnelle des postes de travail, des compétences et des parcours professionnels. En aucune manière les notions de rendements individuels et collectifs ne doivent intervenir dans les rémunérations.
Nous demandons fraternellement aux autres organisations de se ressaisir et d’abandonner des groupes de travail qui ne visent qu’à les utiliser pour faire passer des organisations de travail de plus en plus insupportables pour les salariés.
Cessez de faire le jeu pervers de la direction ! Nous demandons l’unité syndicale dans l’intérêt de ceux qui nous ont élus ! Nous demandons l’élaboration de projets unitaires s’opposant aux politiques inhumaines de la direction !!!
 
Accord pénibilité au travail.
 Cet accord reste à écrire puisque les négociations viennent de s’ouvrir. Pour la direction, il s’agit d’un nouvel accord façade qui permettra de jeter un voile pudique sur la réalité des organisations de travail facteur de pénibilité mentale et physique. La Preuve ? Elle n’avait même pas pris l’initiative d’aborder cette question avec ses représentants dans les sites. Pour la CGT, il ne sera pas question de signer un accord au sommet, sans consultation et intervention des salariés concernés.
La pénibilité au travail est plus que jamais d’actualité. Ses nouveaux développements sont directement liés à une politique d’entreprise tournée exclusivement sur la productivité. Sans cette prise de conscience de la réalité, il sera difficile de s’entendre. Dans ce cas, nous demanderons aux salariés de faire entendre leurs voix et de faire basculer le rapport de force en leur faveur.
En attendant, nous demandons à nos CHSCT et nos CE de remonter la réalité du terrain. Cet accord devra prendre en compte tous les aspects de la pénibilité subis par ceux qui travaillent. Non pas seulement pour les dédommager, mais pour les interdire ! Il n’est pas question d’accepter qu’au 21ème siècle, des hommes et des femmes développent des pathologies physiques et mentales durables, du fait de leurs activités salariales. Ceci est une exigence historique qui déterminera aussi demain le rapport de nos enfants à l’entreprise.
Nous réclamerons aussi l’unité syndicale, sur des revendications visant à protéger les salariés et à proposer des perspectives ambitieuse du point de vue de l’amélioration des conditions de travail.
 
Accord COP     Signé par la CGT, car il permettait d’éliminer tous les coefficients en dessous du 160. Désormais, tous les salariés DPFF sont au-dessus de ce minimum.
Accord maintien de la rémunération     Signé par la CGT.Il est loin d’être parfait. Mais il permet à tous les salariés qui changent d’organisation de travail, de maintenir leur rémunération pendant 7 ans, lorsque ce changement modifie à la baisse leurs revenus (primes, heures sup., heures de nuit, etc…).
Accord sur les salaires. NAO 2011 Signé par la CGT. Car la direction avait probablement la trouille qu’un grève se déclenche comme l’année dernière ! Elle donc rangé un peu son arrogance et a suivi d’avantage nos propositions !
 
Négociations 2012 sur les salaires Mars 2012.   La paritaire sur les salaires NAO 2012 sera l’occasion pour la CGT de proposer un accord complet sur les salaires. Priorité aux bas salaires. Priorités aux agents de maîtrise. Alignement des grilles de salaires Danone, sur les plus avantageuses pratiquées dans l’entreprise.

 

 

                         

 


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